Unité Pastorale St François Mons-Est

Méditation 3ème dimanche de Pâques B – 18 avril 2021

« Il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Ecritures »

Pour l’évangéliste Luc, les Écritures (c’est-à-dire l’Ancien Testament) sont la clé qui permet d’entrer dans le mystère de Pâques. Sur la route d’Emmaüs, Jésus explique aux deux disciples « dans toutes les Écritures, ce qui le concernait » (Luc 24, 27).

Or, nous demeurons réticents et même crispés lorsqu’il s’agit de lire le Premier Testament. C’est vrai que beaucoup de ces textes ne sont pas faciles et que nous avons besoin des lumières du Ressuscité pour y entrer.

Non seulement, nous ouvrons trop peu les Écritures, mais nous les avons souvent mal comprises. Nous considérons volontiers que le Dieu de l’Ancien Testament est un Dieu terrible, dominateur et vengeur. Or, c’est tout à fait faux. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, c’est le Dieu tendre et miséricordieux qui a glorifié son serviteur Jésus, ainsi que le déclare Pierre dans la première lecture de ce dimanche. Depuis toujours, ce Dieu n’a qu’une passion : libérer son peuple de tous les esclavages qui l’empêchent de vivre.

Il faut donc laisser le Ressuscité nous interpréter ces Écritures. Il nous montre que la victoire de la Vie à Pâques est la trame de toutes les Écritures du début à la fin. C’est ce que nous faisons à la veillée pascale. A la lumière du cierge pascal, du Christ donc, nous relisons longuement ces vieux et grands récits. Et d’abord, celui de la création : « Et Dieu vit que cela était bon ! ». Ce regard de Dieu devrait orienter chaque matin notre regard sur le monde.

Et lorsque quelque chose se casse parce que l’humain écoute le serpent, Dieu vient nous chercher : « Adam, où es-tu ? ». Dieu va jusqu’à descendre dans notre misère pour nous en libérer, pour nous en faire remonter (Exode 3, 7-9). Ce Dieu a des entrailles maternelles ; quand nous nous fourvoyons, il en est profondément bouleversé : « Une femme oublie-t-elle son nourrisson, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ? Même si elle l’oubliait, moi je ne t’oublierai pas » (Isaïe 49, 15).

C’est cette tendresse-là qui fait battre le cœur humain de Jésus. C’est pour cela qu’il s’est approché des intouchables : le lépreux, l’adultère, le larron et chacun de nous. C’est cela qui l’a conduit à la croix. Mais c’est aussi la puissance de l’immense amour de Dieu depuis la fondation du monde, qui l’a ressuscité d’entre les morts.

Lorsqu’il relit avec nous les Écritures, Jésus nous interroge :

« Pourquoi êtes-vous bouleversés ? ». Et surtout, il nous donne sa paix et sa joie : « La paix soit avec vous ».

Abbé Paul Scolas

Pèlerins d’Emmaüs

Seigneur Jésus, souviens-toi
de cette petite maison là-bas à Emmaüs,      
et du bout du chemin qui y conduit
quand on vient de la grand-route.
Souviens-toi de ceux qu’un soir, tu abordas là-bas,
souviens-toi de leurs cœurs abattus,
souviens-toi de tes paroles qui les brûlèrent,
souviens-toi du feu dans l’âtre
auprès duquel vous vous êtes assis,
et d’où ils se relevèrent transformés,
et d’où ils partirent vers les prouesses d’amour….

Regarde-nous.
Vois, nous sommes tous pèlerins d’Emmaüs,
nous sommes tous des hommes et des femmes
qui peinent dans l’obscurité du soir,
las de doutes après les journées méchantes.
Nous sommes tous des cœurs lâches, nous aussi.
Viens sur notre chemin, brûle-nous le cœur à nous aussi.
Entre avec nous t’asseoir à notre feu….
Et qu’exultant de joie triomphale, à notre tour,
nous nous relevions pour bondir révéler
la joie à tout homme au monde
et l’Amour à jamais jusqu’à notre dernier souffle…

Abbé Pierre

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