Unité Pastorale St François Mons-Est

Méditation 13ème dimanche ordinaire B – 27 juin 2021

Cette tendresse qui nous ressuscite !

Ce dimanche, la Bonne Nouvelle nous rejoint avec deux figures particulières. Deux femmes. Pas par hasard. Il faut se le dire tout de suite pour bien saisir la portée du message et se laisser nourrir : c’est de la femme que « rejaillit » la vie, elle, la mère de tous les vivants !

Il y a d’un côté la fille de Jaïre. Elle a douze ans. Dans la mentalité de l’époque, malgré son très jeune âge, elle est déjà considérée comme une future épouse, une « mère en devenir ». Mais voilà qu’elle va mourir, sans connaître la joie de donner la vie ! Une malédiction pour elle et les siens.

Et la seconde, c’est la « femme hémorroïsse ». Elle souffre depuis douze ans. La maladie qui la ronge indique que, dans son état, elle ne pourrait jamais donner la vie. Puisqu’elle perd du sang. Et le sang, c’est la vie !

Le chiffre douze est le symbole de la totalité, dans la foi d’Israël. Dans les deux cas de figures, l’évangéliste Marc nous présente là l’apothéose de la tragédie, l’apogée de la douleur. On est en plein dans le tunnel du désespoir pour chacune des deux femmes. Un peu comme si, pour elles, « la barque prenait l’eau de partout », submergées par les vagues et la tempête (voir dimanche passé !).

Qu’y-a-t-il, en effet, de plus dévastateur pour un parent que de perdre son enfant (Jaïre) ? Quelle tristesse ! mourir si jeune, « privée » de la joie de vivre et de donner la vie !  Et cette maladie qui accable la dame ! C’est la pire de toutes, presque autant que la lèpre au regard de la Loi en Israël à l’époque : elle perdait du sang !  Elle était donc impure. Et ne pouvant porter, ni « contenir la vie » en elle, elle traînait avec elle la mort ! De ce fait, la voilà déjà « condamnée » : ni vie affective, ni contact. Aucun rapport humain ne lui était plus possible. Les médecins ne pouvaient que s’avérer impuissants dans son cas !  Car on ne guérit point de la mort ! Elle la portait.

Avec le chiffre douze en trait d’union, ces deux femmes ont quelque chose en commun : elles sont à l’image de la foi d’Israël, le peuple de Dieu. En effet, comme Israël, « fiancée » puis « épouse du Seigneur » (Osée) qui ne peut donner la vie si l’Epoux ne vient à sa rencontre, de même la fille de Jaïre. Sans l’Epoux et loin de lui, elle est malade, sans vie. Elle se meurt.  En Jésus, c’est l’Epoux qui vient à sa rencontre (Cantique des cantiques).  La présence de l’Epoux la ramène de la mort à la vie. Elle peut alors célébrer avec Lui les noces (VV 40-43). Jésus la « remet debout » !

De la même manière, dans la femme hémorroïsse, Marc nous invite à voir une autre face de la même réalité. C’est Israël, cette épouse infidèle qui a abandonné son Epoux (le Seigneur) et s’est éloignée de lui. Elle est devenue, de ce fait, impure, et ne peut générer ni porter en elle la vie. C’est en revenant au Seigneur qu’elle peut être purifiée et redevenir : « la Préférée » (Isaïe). Le contact établi avec le Christ scelle le renouvèlement de l’alliance, la renaissance avec la pureté retrouvée.

En touchant le vêtement de Jésus, « l’épouse infidèle » s’ouvre et accueille Dieu qui vient la visiter, car dans ce vêtement qu’elle ose toucher, c’est toute l’humanité dont est revêtu le Fils de Dieu qui la transfigure et la « sauve ». Elle s’est revêtue du Christ, comme le dira Saint Paul.

Marc se garde bien de nommer ces deux femmes. Il nous laisse ainsi entendre que ça peut tout aussi bien être toi ou moi. Tout disciple. C’est la condition de l’homme pécheur. Ces femmes sont « intouchables » aux yeux de la Loi. L’une parce qu’elle est morte, et l’autre parce qu’elle perdait du sang.

Puisque l’Amour est au-dessus de la Loi, Jésus se laisse « toucher » et touchera la morte. Par ce geste salvateur, il ramène la vie là où les préceptes religieux l’ont éloignée. En touchant et en se laissant toucher, Jésus refait le geste même du Créateur. En Lui, « Dieu a visité son peuple ! » 

Au milieu de tant de forces de la mort qui nous entourent au jour le jour, écoutons ces paroles du Fils de Dieu retentir au fond de nos « tombeaux » : « …je te le dis, lève-toi ! ». « Talitha koum ! »

 Barnabé IKANA

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