Unité Pastorale St François Mons-Est

Méditation 32ème dimanche ordinaire B – 7 novembre 2021

Attaque en règle !

Jésus n’y va pas de main morte !

Installé dans le temple, il observe.
Son rapport sera sans appel : Le défilé des emblavés ! Des m’as-tu vu !

Décidément, chaque fois qu’il met les pieds dans le temple, c’est la déception !
C’est là, qu’on l’a sommé de se prononcer sur la question de l’impôt à César.
C’est là qu’il a chassé les marchands. C’est dire s’il s’y est fait des amis !
Il ne cesse de mettre en garde ses disciples contre ceux qui pontifient et n’hésitent pas à dévorer « les maisons » des veuves tout en affectant d’honorer Dieu…
Ce spectacle est pour lui insupportable, comme il l’était déjà pour les prophètes : les grands aussi bien que les petits !
Dépouiller des femmes déjà fragilisées par la perte de leur mari, seules et sans défense, c’est l’exploit de ces prédateurs qui se vantent par ailleurs d’être des maîtres en Écriture et des spécialistes de la Loi ! Un comble !

Il faut communier ici à la détestation de Jésus pour ces pratiques « religieuses » indignes. Il faut ressentir profondément son écœurement !
L’argent, l’orgueil, étalés dans toute leur monstruosité et leur arrogance, et ça…dans le lieu saint !!

Détournant le regard, Jésus cherche désespérément un geste, un vrai, qui ne jure pas avec le lieu de la Présence invisible. Il cherche donc l’inaperçu.
Et voici qu’elle arrive, comme une ombre furtive : une veuve sans avenir, sans le sou. Elle dépose son obole : un quart d’as, somme ridicule, indétectable aux infrasons, et, elle disparaît…

Jésus sent son cœur battre. Il vient d’être témoin de la Présence de Dieu : une vision qu’il n’espérait plus en ce lieu !
Comment ne pas partager ce moment de grâce avec ses amis ! Il appelle ses disciples : Hé ! Venez vite ! Venez voir ! Venez être témoins du Royaume !
L’avez-vous vu cette femme ? Cette veuve ? Elle n’est déjà plus là. Mais moi, je l’ai vue, de mes yeux vue, elle a mis un quart d’as dans le tronc : c’est toute sa vie qu’elle a offert à Dieu !
Père, sois loué et béni pour cette femme qui comme toi donne tout ce qu’elle a pour vivre. Tu donnes tout ce que tu as comme elle, et, de façon comme elle, totalement inaperçue.

Dieu est bien dans son temple. Il y est rejoint par ceux et celles qui comme cette femme viennent incognito vivre un cœur à cœur avec lui.

Il ne s’y trouve pas sous la forme d’une divinité lointaine, même cachée, même invisible, ni même dans une pièce vide, comme le saint des saints.
Quand j’ai parlé, je ne me cachais pas dans l’obscurité de la terre ; je n’ai pas dit : cherchez moi dans le vide (Is 45, 19)

Non, Dieu est là, et bien là, de manière visible et palpable en la personne de ceux et celles qui reflètent son image et sa ressemblance, visible aux regards de ceux qui savent voir « l’invisible ».

Si Dieu demande dans la première alliance de ne faire de lui aucune image, aucune représentation, aucun « veau d’or », c’est que profondément il veut nous dire :
Mais qu’avez-vous besoin de rechercher mes images dans mon temple, alors que c’est vous que j’ai fait à mon image et à ma ressemblance ?!
Devenez simplement ce que vous êtes. Apprenez à reconnaître qui me ressemble vraiment, à commencer par mon Fils Unique, l’Humain par excellence et tous ceux et celles qui à son exemple, le connaissant ou non, donnent leur vie pour les autres, témoignent de la vérité quoi qu’il leur en coûte, assument leur liberté pour refuser toute mise en esclavage de leurs semblables.
Et cela, la plupart du temps, dans l’indifférence générale et les oppositions systématiques…

Ma présence, vous l’avez sous les yeux, parmi celles et ceux qui vont et viennent au milieu de vous ; sachez les reconnaître et les soutenir ; ouvrez vos yeux et vos oreilles, grandissez surtout dans la foi, car c’est elle qui vous permettra de voir l’invisible : le plus réel que le réel qui s’offre à vos yeux.

Ce qui suit immédiatement dans l’évangile de Marc résonne comme un coup de tonnerre !

En sortant du temple, les disciples jettent un coup d’œil en arrière et s’écrient :
Quelles belles pierres, quelle belle construction !
Toujours ce regard superficiel, séduit par le tape-à-l’œil ! On reste incorrigible !

Jésus leur répond : Regardez bien ! Demain, il n’en restera plus rien !

L’ombre furtive de la veuve est passée par là.
Avec son « quart d’as », elle a fait trembler le temple, jusqu’en ses fondations.

Sa juste attitude d’humilité et de confiance en Dieu s’est révélée, grâce au regard de Jésus, être l’attaque en règle menée par Dieu lui-même pour ruiner les puissants et magnifier les humbles et faire naître ainsi la religion du cœur : la seule vraie !

 

Abbé Michel Diricq

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