Unité Pastorale St François Mons-Est

Méditation 14ème dimanche ordinaire B – 4 juillet 2021

Évangile selon saint Marc 6, 1-6

L’Évangile n’est pas une affaire de famille !

Selon l’évangile de ce dimanche, Jésus vient d’une belle et grande famille de Nazareth. Comme la plupart des humains, il est de quelque part. C’est là qu’il a grandi en sagesse et en taille (Lc 2, 52). Avec sa famille, il a fréquenté la synagogue, il est même monté en pèlerinage à Jérusalem. Et pourtant, il va sortir de cette famille. Plus tôt dans le même évangile, il dira : « Allons ailleurs … pour que j’y proclame aussi l’Évangile car c’est pour cela que je suis sorti » (Mc1, 38). Quant à cette famille, à première vue exemplaire, elle ne comprend pas qu’un des siens agisse en prophète. Elle tente même de l’empêcher de poursuivre cette vie de prédicateur itinérant qui fréquente des gens peu recommandables.

C’est que l’Évangile, la Bonne Nouvelle de l’amour inconditionnel de Dieu pour les humains, ouvre sur une fratrie, une fraternité, qui dépasse, et de loin, les liens du sang. Fratelli tutti (Tous frères) disait François d’Assise, repris par le pape François. Il s’adressait ainsi « à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile. Parmi ses conseils, je voudrais en souligner un par lequel il invite à un amour qui surmonte les barrières de la géographie et de l’espace. Il déclare heureux celui qui aime l’autre ‘autant lorsqu’il serait loin de lui comme quand il serait avec lui’. En quelques mots simples, il exprime l’essentiel d’une fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne indépendamment de la proximité physique, peu importe où elle est née ou habite. » (Encyclique FR, 1). Un jour, on avertit Jésus : « Voici que ta mère et tes frères sont dehors, ils te cherchent ». A quoi il répond : « Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère » (Mc 3, 32-35).

Bien sûr, nous recevons beaucoup de notre famille et de nos racines. C’est peut-être là qu’on nous a parlé d’abord de Jésus et de son Évangile. Mais une famille ne peut pas transmettre la foi comme telle. Devenir effectivement disciple du Christ relève d’un choix intime et personnel qui n’a rien d’une transmission automatique. Cela, nous le constatons d’ailleurs de plus en plus. Même au sein des familles les plus engagées dans la vie chrétienne, les enfants sont loin de tous faire les mêmes choix par rapport à la foi. Et, en même temps, on voit bien plus qu’avant de jeunes adultes qui n’ont guère reçu ce qu’on appelle une éducation chrétienne, découvrir l’Évangile et devenir disciples. « On ne naît pas chrétien, on le devient » disait Tertullien, un auteur chrétien africain du 2ème siècle.

Si Jésus sort de sa famille, ce n’est pas parce qu’il la renie. C’est parce que sa mission de prophète annonçant une nouvelle de vie, le pousse à sortir, quitte à ce que sa famille ne le comprenne pas. Aujourd’hui, plus que jamais, comme Église, nous avons à assumer une mission prophétique qui nous pousse à sortir. La vie pleine que l’Evangile offre ne peut pas demeurer enfermée dans des cercles de catholiques. Non qu’il s’agisse de faire du prosélytisme, mais bien de partager ce que nous avons reçu et qui nous fait vivre. Sortir, c’est alors offrir l’Évangile à des gens dont on croit qu’ils ne le méritent pas, des gens parfois peu fréquentables dont Jésus et Dieu lui-même apprécient pourtant la compagnie !

Paul Scolas

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